
La loi de séparation dite des Églises et de l'État adoptée le 9 décembre 1905 est considérée comme le texte fondateur de la laïcité en France, même s’il faudra attendre 1958 pour que ce principe entre dans la Constitution. Elle entérine la neutralité de l'État vis-à-vis de l'ensemble des religions présentes et à venir. Sur la question religieuse, la principale mission de la puissance publique est dès lors de veiller à ce que les pratiques liées aux différents cultes ne contreviennent pas à l'ordre public.


La loi de 1905 proclame tout d’abord la liberté de conscience, avec pour corollaire la liberté religieuse ainsi que la liberté d’exercice du culte et la non-discrimination entre les religions.
Elle pose ensuite le principe de la séparation des Églises et de l’État, mettant fin au Concordat instauré en 1802 qui régissait les relations entre l’État et les cultes : "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. " Il n’y a donc plus de religion légalement consacrée et tous les cultes doivent être traités de manière égale. Chaque culte organise et finance ses activités et ses édifices sans l’aide de l’État. Ce régime de séparation a plusieurs conséquences, prévues par la loi :
La loi met également en place diverses règles permettant d'encadrer les manifestations religieuses dans l'espace public : elle interdit la tenue de réunions politiques dans les locaux cultuels; les cérémonies et manifestations religieuses à l'extérieur sont soumises à déclaration préalable auprès du maire, ou du préfet à Paris ; la loi interdit également "d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit", sauf dans les cimetières et les musées.

Allégorie de la séparation de l'Eglise et de l'Etat
Exceptions à la loi de 1905
Les territoires suivants ne sont pas soumis à la loi de 1905 et restent sous le régime concordataire :
- Le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle, qui n’étaient plus en territoire français en 1905
- Mayotte
- La Guyane
- Saint-Pierre-et-Miquelon
- La Polynésie française
- Wallis-et-Futuna
- La Nouvelle-Calédonie
- Les Terres australes et antarctiques françaises
Les cultes – catholique, protestant, musulman, israélite – y sont donc financés par l’État.