Guerres d’Indochine et d’Afrique du Nord
La dalle du monument aux morts est complétée après la Seconde Guerre mondiale, sur le bout de pierre restant, des initiales T.O.E.(Théâtre d’opérations extérieures). Celles-ci sont suivies du nom de Daniel Thirault (Vairois mort au Vietnam en 1954) et d’une inscription : «À la mémoire des combattants tombés au champ d’honneur – Indochine 1939-1954 - Afrique du Nord 1952-1962». Un autre nom est gravé, celui de Pierre Capelle, jeune Vairois mort dans un camp vietminh en 1951. À quelques pas de là se dresse par ailleurs le monument érigé en 2013 à la mémoire des anciens combattants de la Guerre d’Algérie. Cette stèle aux lignes courbes, gravée et posée sur un socle, accueille une plaque commémorative. Cette dernière reposait dans le square du 19 mars 1962, dans le quartier des Pêcheurs, depuis son inauguration en janvier 1978 – square qui disparaîtra au profit d’un rond-point. Un monument purement commémoratif, donc, et non funéraire, signé R.Gambert, résultant d’un don du président de la FNACA*. Les cérémonies du souvenir peuvent ainsi se tenir autour du monument, dans un endroit du square spécialement nommé : «Espace du 19 mars 1962 – Cessez le feu de la Guerre d’Algérie».
* Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie
Commémorations
Au mois de novembre de chaque année, une cérémonie est consacrée dans chaque commune à «la mémoire et à la glorification des héros morts pour la Patrie», conformément aux termes de la loi du 25 octobre 1919 relative à la commémoration et à la glorification pour la France au cours de la Grande Guerre. Par la loi du 24 octobre 1922 fixant au 11 novembre la commémoration de la victoire et de la paix et déclarant ce jour férié, les célébrations officielles ont lieu à cette date chaque année depuis lors (sauf pendant l’Occupation). Vaires reçoit même en novembre 1957 un flambeau prélevé dans la flamme éternelle de l’Arc-de-Triomphe, qui brûle depuis 1923.
Dès 1946, la commémoration de la victoire en date du 8 mai est instaurée par une loi, à condition que ce jour-là soit un dimanche. Autrement, la Libération sera célébrée le premier dimanche qui suivra le 8 mai. En 1968, on instaure le 8 mai comme date figée de commémoration, mais ce jour reste travaillé. Il faudra attendre 1981 pour qu’il ait le statut définitif de jour férié, en mémoire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de ses combattants. Vaires ne manquera pas, toutes ces années, ce rendez-vous commémoratif, aussi important que ceux de novembre. Les cinq bombardements subis par la ville en 1944 rendent cette commémoration particulièrement importante.
Les associations d’anciens combattants de Vaires et de Brou ont largement contribué au maintien, dans notre ville, de la mémoire de l’ensemble des guerres du XXe siècle, et pas uniquement des Première et Seconde Guerre mondiales. Ces associations fleurissent dans les années 60-70. Leurs membres ont souvent attendu de longues années avant d’avoir la reconnaissance de leur statut, par quoi le souvenir des guerres les concernant semble garanti. Cérémonies commémoratives et dépôts de gerbe font du square un espace de consolation et de recueillement, au sein d’une même communauté de souffrance.