
À la fin du XIXe siècle, c'est dans le contexte de la révolution industrielle et de l'expansion effrénée des métropoles que l’urbaniste anglais Ebenezer Howard conçoit un modèle urbanistique qui combine les avantages de la ville avec ceux de la campagne.

Ebenezer Howard. Source : Garden-cities of tomorrow, 1902
Sa pensée est théorisée dans son ouvrage fondateur qu'il publie en 1898 : To-morrow : a peacefull path of real reform (Demain : une voie pacifique vers une vraie réforme), réédité en 1902 sous le titre Garden cities of tomorrow (Cités-jardins de demain).

Couverture de Garden-cities of tomorrow, 1902
En imaginant un modèle d'établissement autonome, pour une population d'environ 30 000 habitants et entouré d'une zone agricole non constructible, Howard souhaite pallier l'exode rural aboutissant à la surpopulation des grandes villes. Cette dernière engendre alors des problèmes d’hygiène et de santé : les plus pauvres vivent dans des logements sans eau ni électricité, parfois sans fenêtres, et les services de ramassage d’ordures ou de nettoyage sont souvent inexistants.

Plan de Howard pour la cité-jardin et sa ceinture rurale. Source : Hertfordshire Archives and Local Studies
Différents traits rendent le modèle de Howard unique, parmi lesquels :

Plan de Howard pour la grande avenue de la cité-jardin. Source : Hertfordshire Archives and Local Studies
Loin d'être un seul utopiste, Howard élabore dans le détail tous les moyens pratiques de mettre en œuvre son modèle et il réussit même à convaincre des hommes d'affaires de l'intérêt financier et social de son projet. En 1899, il fonde l'Association des cités-jardins, laquelle fonde en 1903 la première cité-jardin de Letchworth, au nord de Londres, et réalisée par les architectes Raymond Unwin et Barry Parker. Howard y habite de 1905 à 1921, date où il se fixe dans la deuxième cité-jardin, Welwyn, créée en 1919.

Vue aérienne de Welwyn vers 1960. Source : Hulton archive
En dehors des réalisations effectuées au Royaume-Uni, le concept ne sera jamais repris dans son intégralité, même si l'on qualifiera de cité-jardin tous les projets urbains mariant construction et nature.