
L’abbé Pierre PÈGUES
L’abbé Pègues, dans son habit de chanoine de la cathédrale de Meaux
Le premier curé de l’église Sainte-Jeanne-d’Arc naît le 26 novembre 1877 à Juresques, lieu-dit de la commune de Nauviale, dans l’Aveyron, où les Pègues sont bien implantés depuis plusieurs générations. Il est l’un des nombreux enfants d’un couple de cultivateurs, métier exercé jusqu’alors presque exclusivement dans la famille. Mais l’abbé Pègues n’est pas le seul à s’être engagé dans la voie ecclésiastique car un oncle paternel, nommé Pierre également, a été curé dans une petite commune de l’Aveyron, Grand Vabre, et peut-être est-il permis d’imaginer que cela influa d’une manière ou d’une autre sur la naissance de la vocation du futur curé de Vaires. C’est immédiatement après avoir effectué son service militaire à Rodez, alors qu’il était commis chez un marchand de vin, que Pierre Pègues vient à Paris et commence sa formation d’homme d’église.
Il passe tout d’abord chez les jésuites fin 1899, puis entre au Petit séminaire de Paris fin 1900 (Saint-Nicolas du Chardonnet), avant de continuer ses études au Grand séminaire d’Issy-les-Moulineaux, dirigé par les Sulpiciens, où il passe deux ans. À la suite de quoi, il reste un an au séminaire Saint-Sulpice à Paris et termine ses études au Grand séminaire de Meaux.
Le samedi 30 juin 1906 a lieu son ordination sacerdotale dans la capitale et l’abbé Pègues célèbre sa première grand-messe le lendemain matin dans l’église paroissiale de Bagneux. Le dynamisme de l’ecclésiastique trouvera dès lors de nombreuses occasions de se manifester. Très attaché à sa région natale, il invite quelques jours après son ordination un groupe de pèlerins aveyronnais, en résidence à Paris, à se rendre au Sacré-Cœur. Accompagné d’un des chapelains de la basilique et assisté de quelques confrères sulpiciens, il célèbre au grand autel la messe de neuf heures puis donne une allocution suivie de la bénédiction du Saint-Sacrement avant de clôturer la cérémonie.

La basilique du Sacré-Coeur en 1906
Il est nommé curé de l’église de Saint-Loup-de-Naud le 10 août 1906 et officiera jusqu’à début 1910, laissant un poste vacant durablement. L’abbé Pègues est transféré en janvier 1910 à La Houssaye (en Brie). Le 28 septembre 1913, il y reçoit Monseigneur Marbeau, qui assiste pontificalement à la messe de dix heures et bénit d’importants travaux exécutés à l’église Saint-Nicolas sous la direction du curé, en prélude à ceux de l’église Sainte-Jeanne-d’Arc dix ans plus tard.
La Première Guerre mondiale éclate et l’abbé Pègues se voit réformé pour des problèmes de santé, ce qui ne l’empêchera pas d’apporter son concours dès les premiers mois. Il fait notamment envoyer des manuels de prières aux prisonniers de guerre, et il s’engage volontairement pour la durée du conflit dès le 29 novembre 1915 à la mairie du VIIe arrondissement de Paris au titre de la 22e section d’Infirmiers militaires. Il se retrouve définitivement démobilisé le 12 février 1919.

Extrait de la fiche matricule de Pierre Pègues
Un an après, il quitte La Houssaye et il est nommé curé de Vaires-sur-Marne le 20 mars 1920, dans une paroisse privée de curé résident depuis 1914. Sa nomination survient en même temps que l’annonce du projet d’édification de Sainte-Jeanne-d’Arc. L’abbé Pègues sera en effet le tout premier curé de l’église et il y passera quatorze années marquées par son engagement et son dynamisme, jusqu’à ce qu’il soit élevé à la dignité de chanoine honoraire de la cathédrale de Meaux par l’évêque, Monseigneur Lamy, en 1934.
Mais en 1943, après acceptation de son évêque, Monseigneur Debray, le chanoine Pègues est affecté dans le sud de la France. Il meurt à 79 ans le 4 février 1967 à Labarthe-sur-Lèze, paroisse de Haute-Garonne où il exerce son ministère.