24 Sep
LES BÂTISSEURS DE L'EGLISE SAINTE-JEANNE-D'ARC DE VAIRES : les ecclésiastiques (2)

Monseigneur Louis-Joseph GAILLARD

source : bibliothèque d'images de l'ICP

Né à Beauvais le 21 octobre 1872, le futur évêque de Meaux puis archevêque de Tours fait d’abord des études de droit avant d’entrer au séminaire de Saint-Sulpice. Il fait partie d’une famille de magistrats sur plusieurs générations. Son père, Georges Chrisostôme fait une carrière de juge avant d’être nommé président du tribunal de Beauvais, tout comme l’avait été le père de ce dernier. Quant à son frère, Jean, il sera avocat à la cour d’appel de Paris. Louis-Joseph Gaillard est ordonné prêtre pour le diocèse de Beauvais le 28 juin 1902 dans l’église Saint-Sulpice à Paris. Il devient ensuite vicaire à Saint-Antoine de Compiègne auprès du curé Mazeran, puis directeur des œuvres et chanoine honoraire. Il obtient en 1906 de bénir le mariage de son frère à Saint-Thomas-d’Aquin à Paris. Monseigneur Douais le choisit le 26 juin 1908 comme vicaire général pour le seconder à Beauvais dans sa tâche d’évêque. Celui qui n’est encore que l’abbé Gaillard y restera jusqu’à être nommé camérier secret par le pape Pie X, titre renouvelé par Benoît XV à l’accession de ce dernier au pontificat en septembre 1914. La guerre éclate et il est mobilisé comme infirmier militaire pour la durée entière du conflit.

Le 21 novembre 1921, le pape Benoît XV nomme Louis-Joseph Gaillard, élu au consistoire, évêque de Meaux, pour succéder à Monseigneur Marbeau. L’évêque nouvellement nommé prend possession du siège de Meaux le 8 janvier 1922 et son sacre advient le 25 janvier, trois jours après la mort du pape, dans la cathédrale de Beauvais. 

Son épiscopat lui donnera l’opportunité de remédier à l’ignorance, qu’il constate, de beaucoup de fidèles en matière religieuse en faisant publier un Catéchisme du diocèse de Meaux dès 1922, et qui fera l’objet de rééditions. Cela lui permettra aussi de remettre de l’ordre dans les pratiques ecclésiastiques mêmes, en convoquant un synode en 1924, occasion de promulguer de nouveaux statuts. Monseigneur Gaillard souhaite ainsi rappeler diverses règles élémentaires à son clergé, applicables notamment durant les offices – telle que la tenue correcte à porter lors d’une messe – et rend obligatoire le Manuel de liturgie et Cérémonial selon le rite romain, par le R.P. Le Vavasseur, augmenté par le R.P. Haegy. Évêque de Meaux, il préside également de nombreuses commémorations de la bataille de la Marne, rendant hommage à son prédécesseur. Sous l’impulsion de son évêque, le diocèse de Meaux reconstitue également ses Conférences et ses Conseils et tient en 1922 et 1923 des assemblées générales.

Les 2, 3 et 4 février 1923 ont lieu les journées d’art religieux organisées par les Cahiers catholiques ; Monseigneur Gaillard préside la seconde journée, consacrée à l’architecture et l’ornementation, à quelques semaines seulement du lancement des travaux de l’église Sainte-Jeanne-d’Arc. Selon les propos rapportés dans La Libre Parole du 4 février 1923, l’évêque explique à cette occasion qu’« en effet, il faut vouloir de belles choses dans l’église, mais que la nécessité parfois pousse plus vite qu’on ne voudrait. ». Dans sa conclusion, il récuse la fantaisie appliquée à l’art religieux, jugée comme une illusion passagère, et précise qu’il y a une part de vérité dans ce qui est conventionnel. Il met ainsi en garde les artistes souhaitant s’affranchir trop hardiment des conventions. I dit ainsi : « Il faut avoir être nouveau, mais avec mesure, doser avec soin. » La réalisation de l’église de Vaires se fera donc sous l’œil critique de l’évêque. 

Après être resté presque dix ans sur le siège de Meaux, Monseigneur Gaillard est nommé, sur décision pontificale, le 25 septembre 1931 archevêque de Tours, métropolitain pour les diocèses du Mans, d’Angers de Laval et de Nantes, succédant ainsi à Monseigneur Nègre. Tout au long de son archiépiscopat, il contribuera au développement de l’Action catholique.

Son intervention aux côtés du préfet (Camille Vernet) et du maire (Ferdinand Morin) lors des bombardements de juin 1940 afin de sauver la ville d’une destruction totale lui vaudra en 1950 un appui du préfet (Yves Perony), dans le cadre d’une proposition de Légion d’honneur. Ce dernier écrit également de l’archevêque : « A conservé une attitude digne pendant la guerre et jouit de l’estime générale au poste élevé qu’il occupe avec une éminente distinction. » Il sera ainsi décoré l’année suivante au grade de chevalier. À partir de la fin de la guerre, il préside un synode de deux ans qui donnera lieu à des ordonnances pour le diocèse de Tours.

Le jubilé épiscopal de Monseigneur Gaillard donne lieu à diverses célébrations du 15 au 17 novembre 1947 à la cathédrale de Tours. À cette occasion, l’évêque du Mans, Monseigneur Grente, prononce un discours en présence notamment de Monseigneur Roncalli, futur Jean XXIII. En octobre 1951 est célébré un autre jubilé, sous la présidence de l’archevêque : celui de l’église du Christ-Roi à Tours, dont la première pierre a été posée en avril 1926 et que l’archevêque a consacrée et inaugurée en octobre 1934.

Monseigneur Gaillard s’éteint à Tours le 28 octobre 1956, une semaine après son 84e anniversaire, laissant le siège de Tours à celui qui est son coadjuteur depuis six mois, Louis Ferrand. 




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