24 Sep
LES BÂTISSEURS DE L'EGLISE SAINTE-JEANNE-D'ARC DE VAIRES : l'architecte et l'ingénieur (2)

Georges VINANT

L’ingénieur en charge de la construction de l’église Sainte-Jeanne-d’Arc est né le 11 avril 1866 à Paris. Bachelier ès sciences, il devient, à 20 ans, attaché à la Société de Construction des Batignolles, une firme de constructions métalliques, mécaniques et de génie civil renommée pour ses prestigieuses réalisations tant en France qu'à l'étranger – dans le contexte colonial. Il y collabore aux études des chemins de fer d’Algérie, de Tunisie et du Sénégal, ainsi qu’à celles du port de Tunis. Il dirige de 1891 à 1892, en tant qu’ingénieur de la Société, les travaux de reconstruction du chemin de fer de Moudania (Mudanya, actuelle Grèce) à Brousse (Bursa) en Turquie, notamment pour concevoir l'un des ponts de la ligne.

La ligne de chemin de fer de Brousse à Moudania au tournant des XIXe et XXe siècles

Fort de son expérience, il prend la suite en 1892 d’une entreprise de construction, la Maison Ledoux, à Paris, qu’il renomme Société des établissements G. Vinant. Il développe considérablement l’activité et se spécialise dans les constructions métalliques et de ferronnerie d’art. Il emploie en moyenne 250 ouvriers au début des années 1910, qui travaillent tout d’abord dans l’usine se trouvant rue Cambronne à Paris, et pour laquelle il réalise des travaux publics et particuliers en France et à l’étranger.

En 1925, Georges Vinant réalise les portes métalliques du pavillon de la Compagnie asturienne des Mines à l'occasion de l'Exposition internationale des Arts décoratifs.

Les portes du pavillon sont conçues par Guillaume Tronchet et réalisées par Georges Vinant

Les Établissements G. Vinant, qui existeront jusque dans les années 1930, obtiendront de nombreuses récompenses aux différentes expositions internationales, telles que celles de Liège, Milan, Londres, Bruxelles ou Gand. Georges Vinant est même nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1908 au titre d’ingénieur-constructeur à l’occasion de l’Exposition internationale de Milan de 1906 (puis Officier en 1914). 

Récépissé du brevet d'officier de la Légion d'honneur signé par Georges Vinant le 31 mars 1915

En 1925, pour l’exposition internationale des Arts Décoratifs et industriels modernes, il fait partie de l’équipe d’artistes, dirigée par l’architecte Guillaume Tronchet, qui réalise le pavillon de la Compagnie royale asturienne des mines, œuvre saluée par les critiques de l’époque. En raison de ce succès, l’architecte mobilisera les mêmes artistes pour la décoration Art déco du ministère du Travail.

Fière de son succès, la Société des établissements G. Vinant ouvre une usine au Blanc-Mesnil en 1920, sur la zone de la Molette en cours de formation. Elle occupe un terrain de deux hectares intégré à une vaste réserve foncière de 4,5 hectares en prévision d’extensions futures ou d’opérations spéculatives. À l’entrée du site commence même la voie de raccordement du Chemin de fer industriel du Bourget reliant directement l’établissement à l’importante gare de triage du Bourget-Drancy qui se trouve à quelques centaines de mètres. L’usine fonctionnera plusieurs années avant d’être reprise en 1925 par une autre société (La Société du Duralumin). L’entreprise de Georges Vinant conservera comme centre de production des ateliers à Paris pour la ferronnerie d’art, la serrurerie du bâtiment et la charpente légère, mais aura également une autre usine au Bourget exécutant les charpentes pressées destinées à la région parisienne et d’autres usines situées près de hauts-fourneaux pour les constructions importantes destinées à la province et à l’exportation.

L'usine de Georges Vinant au Blanc-Mesnil quelques années après sa reprise 

Georges Vinant se retire dans les années 1930. En raison de sa renommée, il est membre de nombreuses organisations au titre de son expertise, telles que la Société des ingénieurs civils, l’Union des architectes, la Chambre syndicale des entrepreneurs de serrurerie et de constructions en fer, la Société des artistes décorateurs ou encore l’Union des arts décoratifs. Il fait partie de nombreux comités, est régulièrement appelé comme membre du jury dans son domaine d’activité et a également été l’un des administrateurs du Petit Journal. Outre son grade d’Officier de la Légion d’Honneur, il est également fait Officier de l’Instruction publique, ou encore Chevalier du Mérite agricole. Georges Vinant meurt à l’âge de 77 ans à Paris le 3 décembre 1943 et est inhumé le 6 au cimetière du Père-Lachaise.

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