25 Sep
LE PATRIMOINE ARCHITECTURAL DU QUARTIER DE LA FONTAINE ET DU PETIT-VAIRES : le Café de l'Avenir

L’un des exemples vairois les plus singuliers du style néo-normand pouvait s’observer avenue La Fontaine (devenue avenue du Général Leclerc en 1947), à l'angle de la rue de Thorigny. La bâtisse abritait le Café de l’Avenir, l’une des enseignes vairoises les plus connues de la première moitié du XXe siècle où se tenaient fréquemment les réunions de divers comités.

Entrée du Café de l'Avenir dans les années 1910

Méconnaissable aujourd’hui en raison de multiples transformations, le bâtiment figure par ailleurs parmi les premiers construits dans le lotissement du Bois de la Fontaine. Réalisation composite mêlant la meulière, la brique et les pans de bois, le Café de l’Avenir possédait une forme des plus originales. 

La bâtisse ayant abrité le Café de l'Avenir, aujourd'hui

La façade principale montrait deux étages. Elle était surmontée en son centre d’une sorte de courte tourelle avec un épi de faîtage, et de deux autres éléments de toiture décorés également d’épis. Deux terrasses reposaient sur les murs de façade secondaires hauts d’un étage qui flanquaient la façade principale sans angle droit, donnant à l’édifice un aspect de décor de théâtre. Une large baie vitrée au rez-de-chaussée s’étalait sur deux murs de façade. De nombreux ornements de brique et de céramique, notamment, étaient observables, ainsi que des dessins géométriques réalisés en tuiles sur le toit de la tourelle. Des éléments de charpente dits corbeaux soutenaient les avancées de toitures.

Le Café de l'Avenir à l'aube de la Première Guerre mondiale

Les clichés montrant le Café de l’Avenir tel qu’il était avant la Première Guerre mondiale nous viennent principalement du premier propriétaire de l’établissement, Hyacinthe Détaint. Après la mort de ce dernier en 1918 le café connaîtra en d’autres mains encore de nombreuses années d’activité.

Hyacinte Détaint  

Né à Penchard, près de Meaux, en 1881 mais résidant à Montrouge avant de s’installer à Vaires en 1912, Hyacinthe Détaint prend rapidement de nombreux clichés de Vaires que l’on retrouve sur des cartes postales faisant la promotion de la ville. 

Carte postale promotionnelle réalisée par H.Détaint

Il édite aussi des cartes patriotiques et soutient la Société amicale de Tir de Brou-Vaires. Le stand de tir se trouve d’ailleurs à quelques pas de chez lui, près du square La Fontaine, là où se trouve aujourd’hui une partie du vieux cimetière. 

Le stand de tir, cliché pris par Hyacinthe Détaint

À l’aube de la Première Guerre mondiale, il fait un don en 1912 pour constituer un lot à remporter à l’occasion du concours de tir, puis offre en 1913 une médaille de bronze pour la même compétition. À l’instar de beaucoup de jeunes gens, il est mobilisé dès le 3 août 1914 en tant que réserviste de l’armée active. Son zèle et ses compétences font de lui un militaire apprécié de ses supérieurs et il passe au grade d’adjudant en 1916. 

Il meurt le 16 octobre 1918 d’une maladie pulmonaire contractée en service, au front. Il s’agit très vraisemblablement de la “grippe espagnole”, dont l’épidémie connaît son acmé à l’automne 1918. Reconnu en cela “Mort pour la France”, il aura son nom gravé en 1921 sur le monument aux morts, à quelques centaines de mètres seulement de son café.

Le monument aux morts, peu de temps après la Guerre de 14-18, avec l'avenue La Fontaine à droite

Détail du registre matricule de H.Détaint

Le style néo-normand (ou anglo-normand)

L'architecture néo-normande est un style de villas créé dans la seconde moitié du XIXe siècle avec l’apparition des stations balnéaires, qui se doivent d’afficher des villas à l'image de leur prestige. Forme normande du régionalisme, elle se caractérise par des bâtiments construits autour d'une structure à pans de bois dans le meilleur des cas, ou avec de faux pans de bois ornant les façades. Son inspiration est également puisée dans le modèle des cottages anglais. Le pan de bois, image emblématique de la Normandie, est un bâti vernaculaire qui permet de perpétuer la tradition par-delà les renouveaux stylistiques de l’architecture de pierre et l'utilisation de matériaux modernes. Cette architecture permettant toutes les fantaisies se caractérise également par des décrochements de façade, des volumes dissymétriques, des toits en saillie, pentus, et souvent en demi-croupe, des garde-corps en bois ou en faux bois (ciment).

Le manoir néo-normand construit près de Deauville par l’architecte Goury en 1874 pour la famille Gallimard

Le style s’est exporté en dehors des limites de la Normandie dans différentes régions de France, notamment en région parisienne, et même ailleurs en Europe. Il ne s’est pas limité à des modes constructifs ou formels uniques. Les matériaux de construction principaux sont ceux que l’on trouve dans les zones géographiques où sont bâties les demeures. La pierre de meulière occupant une place importante dans le bâti vairois, différentes parties des villas néo-normandes sont réalisées avec ce matériau.

Détail de la villa de l'architecte Dematons, combinant la pierre de meulière avec d'autres matériaux

Propre aux maisons de villégiature, ce style raconte ainsi un fragment de l’histoire de Vaires, où il est d’ailleurs l’un des mieux représentés. La partie de façade située en étage ou en combles est souvent à pans ou faux pans de bois entourés d’enduit et soulignés par une peinture ou une texture différentes. En cela, l’ancienne villa de l’architecte Emile-Adrien Dematons située au 11, rue de Pomponne en est un parfait exemple. Bow-window, pergola et garde-corps en bois peint complètent le tableau archétypal du style néo-normand.

Villa de l'architecte Emile-Adrien Dematons peu après sa construction

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