
Au début du 20ème siècle, les hameaux du Grand-Vaires et du Petit-Vaires abritent un peu plus de 300 âmes. La petite halte ferroviaire ouverte le 12 janvier 1898 sur la ligne Paris-Strasbourg est de plus en plus fréquentée par les Vairois et par les Parisiens à la recherche de loisirs et d’air pur. Avec 100 000 passagers pendant l’année 1901, elle va devenir le moteur du développement de la commune.

Affiche promotionnelle vantant les attraits de Vaires
En 1908, la société immobilière parisienne Bernheim et fils, l’un des plus grands promoteurs immobiliers de l’époque, vient de racheter les terres de l’héritage de Léopold Leblois. Elle demande à Louis-Aristide Verdier, géomètre à Lagny, de dessiner les plans d’un projet de lotissements. Il crée de nouvelles voies, boulevards, avenues et rues, qui vont donner sa structure à l’espace urbain actuel de la commune.
La première phase, appelée « lotissement du Domaine de Vaires », date de 1908. Elle concerne la partie sud de la ville avec de grands et beaux pavillons emblématiques comme les Tourelles ou le pavillon Louis XIII sur le boulevard de Lorraine. Cet axe principal, prolongé par le boulevard de la Marne, relie la gare au nouveau pont sur la rivière datant de 1897. Trois autres lotissements vont ensuite être mis à la vente, dont celui du Bois de la Fontaine en 1909 et 1910. En 1927, toutes les rues de ces lotissements, qui jusque là étaient privées, sont incorporées à la voirie communale.

Annonce pour le lotissement de Vaires. Source : Proprio - annuaire du lotissement et de la construction dans la région parisienne, 1923
Les parcelles mises à la vente pour les particuliers sont non bâties et destinées à la construction de maisons individuelles. Elles sont homogènes, sous la forme de rectangles de 12 à 15 m de large par 50 m de long. A charge pour les nouveaux propriétaires d’y faire construire la maison de leurs rêves. Les propriétés doivent être à usage d’habitation.

Cliché aéro du lotissement du Bois de la Fontaine en 1914

Vairois devant le logement certainement provisoire construit sur un lot acquis dans le quartier du Bois de la Fontaine
Le lotissement du Bois de la Fontaine est situé au nord de la voie ferrée, dans un espace boisé entre le hameau du Petit-Vaires et la gare. Il est ordonné autour de la rue de la Liberté et de l’avenue La Fontaine, devenue en 1947 avenue du Général Leclerc.

L'avenue La Fontaine avant la Première Guerre mondiale. La demeure au fond est le Café de l'Avenir.
Ces deux axes prennent leur origine au nord du cimetière, sur l’avenue de la Gare - actuelle avenue Henri Barbusse. L’ensemble forme un éventail qui s’ouvre vers le nord jusqu’à l’avenue André Theuriet et l’allée des Bocages. L’axe initial du premier lotissement matérialisé par les boulevards de la Marne et de Lorraine est relié par le pont sur la voie ferrée et l’avenue de la Gare, ce qui met en relation les deux communes voisines de Vaires : Brou au nord et Torcy au sud.

Plan de Vaires en 1912 (détail)
Des villas sont construites en nombre, avec le concours d’architectes et d’entrepreneurs locaux. Leurs noms figurent souvent sur les façades de nombreuses habitations. L’utilisation massive de la pierre meulière, matériau local dont une grande partie est issue des carrières de La Ferté-sous-Jouarre renforce l’harmonie du quartier.


Cartes promotionnelles du quartier du Bois de la Fontaine conçue par Hyacinthe Détaint avant la Première Guerre mondiale
En flânant le long des avenues du Général Leclerc, Henri Barbusse et de La Liberté, des rues de Pomponne, de Thorigny ou du Pin, l’attention est attirée par les belles maisons désormais centenaires du domaine. Dans la rue de Pomponne par exemple, on peut admirer plusieurs villas décorées d’ornements de toiture et de détails architecturaux remarquables, dues notamment à l’architecte Émile-Adrien Dematons.

La rue de Thorigny et ses villas, avant la Première Guerre mondiale