20 Sep
LA MAIRIE-ÉCOLE DU PETIT-VAIRES

En 1850 est acquise une maison du hameau du Petit-Vaires pour y ouvrir une salle de classe aux enfants de Vaires et de Brou : ainsi naît la mairie-école. Louée puis achetée à Jean-François Ténard - un marchand de vin - elle est choisie pour sa proximité entre les deux communes, le long de la route de Paris à Lagny. Vaires y organise également les réunions de son conseil municipal, en lieu et place d’une maison du Grand-Vaires. Autour d’une cour plantée d’arbres divers (des tilleuls, des palmettes poirées, douze pieds de vigne), la propriété comporte un hangar qui sert de préau et un clapier au sud du terrain. Un puits alimente en eau les habitants du Petit-Vaires et de Brou, le long de la route nationale devant la maison. Au rez-de-chaussée de l’habitation se trouvent plusieurs salles. L’une accueille les réunions du conseil municipal et l’autre fait office de classe unique pour les élèves. L’instituteur dispose d’une cuisine-salle à manger et, à l’étage, d’un logement avec 3 chambres.

La salle de classe

Elle mesure 8,10 m sur 5,90 m et 2,75 m de haut. Elle offre ainsi 5 m³ d’air par élève ce qui permet d’accueillir 28 enfants. Cette norme est cependant largement dépassée. En 1882, 89 élèves de 4 à 13 ans sont inscrits. Dans la salle, les filles sont placées d’un côté et les garçons de l’autre. Même si tous ne viennent pas tous les jours! En 1885, Brou dispose de sa propre école, le nombre d’élèves se réduit alors mais il y en a encore 52 en 1897. Du point de vue pédagogique, les élèves sont répartis en trois cours : classe enfantine, cours élémentaire et cours moyen. L’instituteur Louis Jarry est aidé de son épouse et de sa fille. En plus de sa charge, il assure également les fonctions de secrétaire de mairie et s’occupe des cours pour adultes.

Des conditions de vie et de travail difficiles

Cette maison, déjà ancienne au moment de son achat, n’a pas bonne réputation. En mauvais état ,elle va néanmoins assurer sa double fonction jusqu’en 1909. À la suite de la guerre de 1870 et de la présence des troupes prussiennes, il faut racheter tout son mobilier. L’école est dotée d’un portique et d’agrès de gymnastique ainsi que d’une bibliothèque de 71 ouvrages. En 1881, le carrelage est refait. Mais le bâtiment lui-même fatigue. En août 1901, une évaluation de son état est édifiante : un mur du côté sud est lézardé et menace de s’écrouler vers l’extérieur ; les plafonds s’affaissent et ont dû être étayés ; la salle d’école est basse, humide et malsaine, sans air ni lumière suffisants. Les enfants y sont trop nombreux, l’air y est vicié. Les archives municipales sont soumises à l’humidité et pourrissent. Selon l’instituteur, « il faudrait tout démolir ».

Une nouvelle école indispensable

Un projet de construction d’une nouvelle école de deux classes est élaboré. L’affaire est à l’étude dès 1881. Dix ans plus tard, elle est en bonne voie. Mais, en 1896, toujours rien de neuf. La commune manque à la fois d’un terrain et de crédit.. C’est finalement la société Bernheim, à l’occasion de la création du lotissement et de la construction de la nouvelle mairie, qui offre le terrain nécessaire pour ce qui deviendra la mairie-école du boulevard de Lorraine en 1908. Notre ancienne école est alors vendue à des particuliers en 1911 pour la somme de 9 500 F*. Restaurée, elle a parfaitement traversé le temps. Récemment, elle est devenue une clinique vétérinaire.

*environ 36 OOO euros de 2025 selon l'INSEE

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