24 Sep
L'EGLISE SAINTE-JEANNE-D'ARC DE VAIRES (2) : la construction

L’église et le presbytère en construction (1923-1924)

Une église sans clocher

Soucieux d’accomplir le vœu de Monseigneur Marbeau, son successeur, Monseigneur Gaillard, lance un nouvel appel aux dons à l’occasion des fêtes de Jeanne d’Arc, en mai 1924 – un peu plus d’un an, donc, après le début des travaux. Des billets de souscription sont distribués car l’argent réuni n’a pas atteint les espérances de l’évêque. Or la fin du chantier est prévue le 29 juin suivant. Le 27 juin, le journal « La Croix » communique encore à ses lecteurs comment procéder aux offrandes destinées à l’achèvement et à l’ameublement intérieur de l’édifice, expliquant qu’elles peuvent être reçues par l’évêque de Meaux, Monseigneur Gaillard, mais également par le président du Comité d’érection de l’église, Georges Andriot (tapissier à Paris vivant à Vaires), ou encore par le curé de la paroisse, l’abbé Pègues. L’ensemble des dons récoltés permettront la bénédiction solennelle de l’église à la date prévue, toutefois le clocher reste inachevé.

L'église, telle qu'elle apparaît en 1924

L’architecture, le mobilier et les ornements

Quand l’église est inaugurée le 29 juin 1924, tous peuvent désormais découvrir une construction « en solides moellons et en bonne maçonnerie », comme le rapporte le lendemain un journaliste du « Petit Journal », à plan basilical (= allongé), et avec une toiture de briques romaines arrondies. Sur la façade principale, une imposante rosace, surmontant la porte d’entrée, est inscrite dans une arcade aveugle (= fausse arcade, sur le parement d’un mur) décorée d’entrelacs et composée de deux piliers aux chapiteaux de style corinthien. On peut aussi remarquer alors que la porte est partagée en deux par un trumeau (= pilier séparateur) et encadrée de deux colonnes engagées (= demi-colonnes ressortant de la maçonnerie) de style corinthien. Un fronton tronqué en son milieu par un élément décoratif sculpté, une croix, surplombe cette ouverture et un bandeau sépare horizontalement les deux parties de la façade. Au-dessus figure, sculptée dans la pierre, l’abréviation de l’inscription latine : « Domino Optimo Maximo sub invocatione sanctae Johannae Arcencis » (= Au Dieu très bon et très grand, sous l'invocation de sainte Jeanne d’Arc). L’édifice est composite : d’inspiration paléochrétienne, il reprend aussi des éléments propres aux églises romanes et gothiques, et des composantes des basiliques byzantines. Quant au clocher prévu dans les plans de l’architecte Albert Guilbert, il n’est qu’à moitié érigé, et la cloche, transférée depuis l’église Sainte-Agathe, y est suspendue à un modeste échafaudage. 

Extrait de La Semaine religieuse du 5 juillet 1924

L’intérieur de l’église est alors d’une grande sobriété. Avec sa charpente en bois nu, son sol en béton et dépourvu d’ornements, il apparaît assez dépouillé. Il manque encore un maître-hôtel à la mesure de l’église et des vitraux, qui devront attendre respectivement 10 et 22 ans avant de voir le jour. Est également absente la fresque imaginée par l’architecte et représentée dans la coupe transversale de l’église reproduite en souvenir de la bénédiction de la première pierre en octobre 1922. Cette œuvre ne sera jamais réalisée. Quant à l’ameublement, en ce jour d’inauguration, il est pour lors assez simple. La liste des objets transférés de l’ancienne église à la nouvelle présente peu d’objets récupérables ou du moins en bon état.

Mais le cortège venu ce 29 juin 1924 peut admirer l’architecture intérieure faite d’un narthex (= vestibule), de trois vastes nefs et d’une abside en demi-conque avec cul-de-four (= voûte en forme de demi-coupole), sans oublier les différents arcs en plein-cintre surmontant de solides piliers aux chapiteaux de style corinthien. La construction est propre à satisfaire ecclésiastiques et paroissiens car elle reprend bon nombre des codes de l’architecture religieuse employés jusqu’alors, contrastant ainsi avec les récents ouvrages réalisés en béton armé, lesquels alimentent de vives discussions, comme l’église Notre-Dame de Consolation du Raincy, consacrée le 17 juin 1923.

L'intérieur de l'église avant la création du maître-autel


Objets transférés de Sainte-Agathe à Sainte-Jeanne-d’Arc : 
25 chaises usagées, 1 vieil autel sans gradins, 8 vieux chandeliers, 1 vieux confessionnal, 2 candélabres, 1 vieille armoire, 1 meuble sans ornements, 1 statue de Saint-Joseph, 1 statue de la Vierge, 1 buste de Sainte-Agathe, 2 chasubles en mauvais état, 1 vieille chape rouge, 4 vases pour fleurs, 2 croix d’autel, 2 vieilles toiles sans valeur.

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