16 Sep
Le patrimoine architectural du quartier de la Fontaine et du Petit-Vaires : les styles

Le quartier qui se situe à l'emplacement de l'ancien bois de la Fontaine et du Petit-Vaires forme comme un éventail s'inscrivant dans le tissu pavillonnaire vairois. Il comporte aussi quelques logements collectifs souvent mitoyens de différents âges et présente de nombreux styles architecturaux. Cette diversité de genres témoigne des différentes époques et des événements qui ont marqué la physionomie de la ville, comme les bombardements en 1944 qui ont occasionné une longue période de réaménagement et de reconstruction.

Les maisons individuelles

C'est au niveau du Petit-Vaires que se trouvent, en nombre réduit, les bâtiments les plus anciens, qui datent du XIXe siècle. Il est parfois difficile d'identifier ces témoins du Vaires rural en raison de rénovations ou de réhabilitations, et de la proximité avec des maisons plus récentes qui donnent au quartier un visage contemporain. Lorsque les terres au sud de cette zone ont été loties par la société Bernheim en 1909-1910 à l’emplacement du bois de la Fontaine, ce dernier n’a pas tout à fait été détruit. Les lots n’ont pas tous servis immédiatement à construire une maison (1), et souvent un cabanon au milieu des arbres faisait office de pied-à-terre aux acheteurs venant principalement de Paris et de la Petite Couronne. Certaines rues toutefois – comme la rue de Thorigny ou la rue de Pomponne – présentent un florilège de maisons de villégiature en meulière construites dès cette époque, avec des éléments architecturaux s’inscrivant tantôt dans le style néo-normand (boiseries, pignons croisés, toits en saillie) (2), tantôt dans le style Art nouveau (faïences et émaux, marquises, ferronneries) (3).Un nom est parfois donné aux demeures (4). On en trouve aussi avenue du Général Leclerc ou encore avenue Henri Barbusse. Le foisonnement des ornements de façade ou de toiture est représentatif des villas bourgeoises (5). Quelques rares villas de style Art déco (6) viennent rompre le continuum né de l'utilisation de la pierre meulière pour les bâtisses des années 1910 à 1930, comme celle du 19, avenue du Général Leclerc (7). Réalisée dans les années 20, elle est remarquable par la sobriété de sa façade symétrique creusée d’une double loggia abritant l’entrée. Les ouvrages de ferronnerie du balcon, de la porte d’entrée, de la grille et du portail sont également caractéristiques de l'Art déco. Dès la fin des années 20, et en particulier à partir de 1928 avec la loi Loucheur, qui permet aux particuliers d'emprunter à l'Etat à des taux très faibles dans un contexte de crise du logement, apparaît une nouvelle typologie de pavillons. Ces derniers sont de taille plus modeste que ceux construits précédemment, et sont généralement dépourvus d'ornements. Des maisons jumelées (8), ouvrières principalement, sont aussi bâties dans les années 1930, comme celles de l'avenue André Theuriet et de la rue de Gournay. Le logement individuel croît ainsi, et les matériaux dits nobles sont progressivement remplacés par le béton durant la période de la Reconstruction, l'occasion aussi pour les architectes d’expérimenter de nouveaux procédés.

L'habitat collectif

Les immeubles de ce quartier sont conçus sans intention de densification, contrairement aux grands ensembles vairois que nous connaissons. Généralement accolés, leur construction commence dès le début des années 1910, époque à laquelle ils s'élèvent sur deux ou trois niveaux. Il s'agit vraisemblablement d'immeubles de rapport. Utilisation est faite des mêmes matériaux et styles constructifs que les villas de la même période : façades ornées, garde-corps en ferronnerie, encadrements autour des ouvertures en pierres ou en briques vernissée. Ils comportent souvent un commerce au rez-de-chaussée. Le 3, Rond-Point de la Paix, au croisement des rues de Brou et de Gournay, en témoigne parfaitement, même si une partie du 2e étage de l'édifice n'est pas d'époque car il a été bombardé en 1944. Au 5, avenue Henri Barbusse (9) s'élève un immeuble du début des années 30 qui abritait une épicerie au rez-de-chaussée. Avec sa façade en briques claires, il  se démarque par ses ferronneries, ses oriels et ses fenêtres cintrées ornées de briques brun orangé. Il jouxte un immeuble de plus petites proportions où se trouvait une librairie à la même époque, la librairie Gaudin. Le quartier était d'ailleurs plus marchand qu'il ne l'est aujourd'hui. D'autres logements collectifs de factures et d'époques variées égrènent le quartier, parfois en lien avec la vie cheminote. Parmi eux sont notables les 2, rue du Pin et  85-87, allée des Bocages.


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